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DIR EN GREY au Divan du Monde
Date: 2012.01.09
 Concert 
Artiste:   DIR EN GREY  
Date of Concert: 2011.08.09
Image © 2011 Mylène Brunet
Quelques jours après la sortie de son tout nouvel album, Dum Spiro Spero, le célèbre quintette DIR EN GREY nous offrait deux prestations consécutives à Paris, au Divan du Monde – 9 et 10 août 2011. Pour cette tournée exceptionnelle, baptisée PARADOX OF RETALIATION, les fans eurent la possibilité d'obtenir des passes VIP limités incluant, entre autre, une rencontre avec le groupe. Faisons donc un point sur ces deux concerts, affichant SOLD OUT.


L'on se doit d'abord de préciser - bien que déjà fait plus haut - que le dernier album venait tout juste d'arriver en France. Loin d'arrêter les fans de la première heure, les deux lives affichaient complets depuis déjà plusieurs mois. Malgré les nombreux bruits qui circulaient, comme quoi le groupe perdait en popularité au fil du temps, il n'en est rien. Le seul constat évident que l'on peut faire consiste en la « dégringolade » au niveau du choix des salles. Commencer par le Zénith, pour finir au Divan du Monde, l'on est en droit de se poser quelques questions quant aux raisons de cette « régression ». Il y a une explication simple, évidente : le changement de style musical. Et il suffit d'écouter Dum Spiro Spero pour s'en rendre compte. Le groupe a beaucoup évolué au fil des années, abandonnant progressivement le visual kei pour s'illustrer dans un registre plus complexe, plus travaillé, un registre qui leur est propre, un style presque inclassable. Le résultat est brillant, on ne peut le nier. Mais pour ce coup-ci, avec si peu de temps pour se familiariser avec le nouvel album, il fallait s'attendre à des réactions sceptiques de la part des fans. Et, sachant que les deux lives se trouvaient fort orientés Dum Spiro Spero...

Enfin, nous reviendrons plus tard sur le ressenti final des fans quant aux prestations. Concentrons-nous d'abord sur le déroulement des concerts.

En premier lieu, et comme souvent, la désorganisation règne en maîtresse sur le trottoir. Entre les personnes qui sont là depuis la veille, celles qui arrivent au dernier moment car elles possèdent les fameux tickets VIP, on ne sait plus où donner de la tête. Fort heureusement, les vigiles sont là pour encadrer ce joyeux bazar. Au fur et à mesure, les deux files se mettent en place. Les VIP rentrent en premier, bien évidemment, puisqu'ils ont un meeting avec le groupe. Au vu des témoignages objectifs que nous avons pu recueillir, l'on peut honnêtement dire que ces billets, à part faire rentrer les personnes en premier, n'ont pas apportés grand chose au niveau humain. Certains se trouvaient même dépités, car le meeting ne ressemblait en rien à ce à quoi ils s'étaient attendus. En résumé, les fans entrèrent au Divan du Monde, se retrouvèrent donc dans l'espace de la fosse, à attendre sagement l'arrivée du groupe. Qu'elle ne fut leur surprise, lorsqu'ils se rendirent compte que les DIR EN GREY se placèrent entre la scène et la barrière qui sépare cette dernière de la fosse ! Qui plus est, Kyô se révélait absent – en soi, ce n'était guère étonnant, mais cela eut pour effet d'en décevoir plus d'un. Les fans passèrent donc un par un devant eux, afin de leur serrer la main. Il vint ensuite le temps de poser des questions aux membres du groupe. Mais, à ce qui se dit, personne ne posa de question, et sitôt que les poignées de main furent achevées, chacun se précipita sur la barrière pour être au premier rang. Les VIP, au nombre de 50, ne tenaient effectivement pas tous sur ce premier rang, ce qui explique qu'ils se soient rués sur la barrière. En tous les cas, ce meeting était loin d'être convivial, et voir Toshiya, Shinya, Kaoru et Die parqués comme des bêtes derrière une clôture était plus qu'affligeant, autant pour eux que pour les fans. Certains ont affirmés regretter d'avoir « payé cher juste pour ça ».

Passons aux lives désormais.

Dans l'ensemble, l'on peut dire que chacun aura pu y trouver son bonheur. Lorsque l'on regarde la constitution des lives, on note que les setlist étaient relativement variées, bien qu'à dominance Dum Spiro Spero. L'intro mystique du petit dernier, Kyoukotsu no nari, nous plonge d'emblée au cœur de l'univers du nouveau DIR EN GREY. Elle est à la fois criante de douleur, violente et pleine de force – les vagissements de Kyô liés à la musique nous donnant tout simplement l'impression d'être enfermés dans une grotte, dont l'écho de la voix du chanteur se répercute sur les sombres parois. En ce qui concerne le premier live, la suite de cette incroyable mélodie nous laisse pantelant : le groupe enchaîne directement avec Hageshisa to, kono mune no naka de (…), de quoi booster le public en un tournemain. La setlist se révèle donc agressive, avec la puissante OBSCURE qui soulève les cœurs des plus accrochés, continuant sur la lancée d'Hageshisa (...). Les artistes sont particulièrement en forme. Kyô se révèle des plus convaincant, débordant d'énergie, allant et venant sur la scène, usant de son habituel podium pour être vus de tous. Toshiya et Kaoru demeurent très concentrés sur leur tâche, tandis que Die et Shinya s'éclatent à fond, ce dernier déployant toute la force de son jeu tout en pensant à lever la tête de temps à autres. Le batteur se dévoile, moins timide que d'ordinaire, et le public le lui rend bien.

L'efficace LOTUS, qui rend sublimement bien en live, l'inoubliable AGITATED SCREAMS OF MAGGOTS, et la désorganisée DECAYED CROW... les titres s'enchaînent. Le groupe déverse toute sa puissance, et rien ne semble pouvoir calmer son ardeur. Cependant, Kyô parvient à plonger la salle dans le silence le plus complet. Les instruments cessent, la lumière faibli : seul subsiste un rayon blanc pour illuminer le corps dénudé du chanteur. Il se retourne, nous laissant découvrir la dernière œuvre d'art qui recouvre son corps : un immense tatouage dorsal. Puis, comme un hurlement venu du fond des abîmes, ses cris intérieurs franchissent la barrière des ses lèvres, laissant le public sans voix. L'auditoire est subjugué par cette clameur bestiale, entre cri de désespoir et litanie. Kyô semble complètement possédé. De longues minutes s'écoulent, nous laissant pleinement apprécier le talent qui le constitue. Au terme de cet interminable kyrielle, les musiciens viennent rompre le charme. Il est l'heure d'enchaîner avec HYDRA -666-, une ancienne piste extraite de VULGAR (2003). Nous revenons ensuite à UROBOROS avec GAIKA, CHINMOKU GA NEMURU KORO et l'excellente DOZING GREEN. Une nouvelle interlude vient couper le public dans son élan, mais ce n'est pas plus mal. Jusqu'ici, pas une seule balade n'a été jouée. Le rythme est vraiment soutenu, et les interludes permettent de calmer quelque peu les pogos et les slams qui se succèdent.

Trois titres suivront donc, tout aussi énergiques que les précédents, pour finir avec l'indispensable - ZAN -. Il est temps pour DIR EN GREY de quitter la scène, pour un repos bien mérité. Les 'encore' fusent de toute part, et le groupe ne se laisse point attendre. Les musiciens reviennent rapidement, parés des t-shirt de la tournée. Les cris de la foule s'intensifient, mais ils faiblissent bien vite alors que la célèbre introduction de piano résonne dans la salle : il s'agit d'Ain't afraid to die ! Cette balade, qui date de 2001, n'avait jusqu'ici jamais été jouée en Europe, et pas depuis un bon moment au Japon. C'est donc le sourire aux lèvres, et la larme à l'œil, que nous accueillons ce cadeau comme le messie. La foule chante en cœur sur le refrain, et l'émotion est palpable dans la salle. Le moment est magique, inoubliable. Mais cet instant de félicité touche à sa fin, même si le groupe fait tout son possible pour le prolonger. RASETSUKOKU vient clôturer cette magnifique soirée, et les habituelles distributions de médiators et baguettes de batterie font légion. Même Kyô reste un peu sur scène, avant de s'éclipser - légèrement plus vite que les autres. Pour ce soir, ce n'est qu'un au revoir de courte durée : le groupe rejoue demain, ce qui est synonyme pour beaucoup de personnes présentes ici, un deuxième concert !

La setlist du lendemain diffère peu de celle du 9. Les pistes qui la composent sont pratiquement les mêmes, à savoir cependant que l'ordre a été modifié pour certaines. Ainsi, le live débute par tsumi to batsu – une erreur de calcul, selon moi. Le concert commence donc de manière bien moins énergique qu'avec Hageshisa (…). Ensuite, l'on notera l'apparition de Shokubeni (VULGAR, 2003), ROTTING ROOT (THE MARROW OF A BONE, 2007), et les bonnes surprises de la soirée : 朔-saku- (朔-saku-, 2004), et surtout, Zakuro (MACABRE, 2000) ! Tout comme Ain't afraid to die, cette ballade n'avait pas été jouée depuis un bon moment (et jamais en Europe). Elle ravie donc au plus haut point les fans de la première heure. Niveau déroulement, ce fut sensiblement la même chose. On se doit de saluer l'endurance du groupe, qui assurera le show aussi bien, voir même mieux que la veille. Même la rencontre VIP - aux dires des concernés - s'est mieux déroulée que la veille.

Bilan global de ces deux lives ? Une vraie bonne performance, qui mérite d'être saluée : un jeu toujours bien rodé, allié d'une atmosphère à couper le souffle. Cependant, on ne peut ignorer qu'elle ne fait l'unanimité au niveau des fans. Les titres de Dum Spiro Spero choisis par le groupe s'accordent mal avec le reste de leur discographie. Malgré un rythme entraînant, l'on ressent quand même de grosses phases d'ennui lors des concerts. Pour cet album, la technique a été l'élément moteur : on a l'impression que le groupe a voulu réaliser quelque chose de propre, net, musicalement sans tâche, parfait. Quelque chose de bien carré, peut être trop carré... Où sont passés les sentiments ? On regrette alors que le groupe n'ai pas privilégié des morceaux tels que Vanitas, ou encore Diabolos, pour nous en mettre plein la vue – et enfin exprimer autre chose que de la brutalité. Même si l'ambiance était là – et le Divan du Monde, plein à craquer – on ne saurait ignorer ce sentiment de malaise, comme si le DIR EN GREY « d'avant » avait totalement disparu. Mais peut être est-ce dû au manque de familiarisation avec le petit dernier ? Moins d'une semaine pour écouter les nouveaux morceaux, voilà de quoi en déstabiliser plus d'un. Au niveau des musiciens, rien à redire ou presque : on regrette l'apparente réserve de Toshiya, qui reste « perché » dans son monde, communiquant très peu avec le public. On salue cependant l'initiative de Shinya, qui prend enfin la peine de lever la tête, d'observer le public, et même de sourire de temps à autres – une vraie révolution ! Die, Kyô et Kaoru restent égaux à eux-même. Enfin, on terminera sur les rencontres VIP, qui ne constituent franchement pas une expérience à retenter. On espère de nouveau revoir DIR EN GREY sur scène... en priant pour qu'il nous offre un live authentique, peut être moins propre, mais plus axé sur les sentiments : pour une osmose parfaite.


Setlist du 9 Août :

~ Intro ~ Kyoukotsu no Nari

1. Hageshisa to, kono mune no naka de karamitsuita shakunetsu no yami
2. OBSCURE
3. LOTUS
4. RED SOIL
5. AGITATED SCREAMS OF MAGGOTS
6. ''Yokusou ni DREAMBOX'' Aruiwa Seijuku no Rinen to Tsumetai Ame
7. DECAYED CROW

~ Inward scream ~

8. HYDRA -666-
9. GAIKA, CHINMOKU GA NEMURU KORO
10. DOZING GREEN
11. tsumi to batsu

~ Inward scream ~

12. DIFFERENT SENSE
13. AMON
14. -ZAN-

~ Encore ~

15. Ain't afraid to die
16. REIKETSU NARISEBA
17. RASETSUKOKU


Setlist du 10 Août :

~ Intro ~ Kyoukotsu no Nari

1. tsumi to batsu
2. RASETSUKOKU
3. LOTUS
4. GRIEF
5. AGITATED SCREAMS OF MAGGOTS
6. OBSCURE
7. DECAYED CROW

~ Inward scream ~

8. Shokubeni
9. ROTTING ROOT
10. ''Yokusou ni DREAMBOX'' Aruiwa Seijuku no Rinen to Tsumetai Ame
11. DIFFERENT SENSE

~ Inward scream ~

12. AMON
13. ZAN
14. Hageshisa to, kono mune no nake de karamitsuita shakunetsu no yami

~ Encore ~

15. Zakuro
16. 朔-saku-
17. REIKETSU NARISEBA
auteur: kyanMello
dernière mise à jour: 2012-04-16