Titre / Artiste
Date
Type
Interview avec Gabriels Stiletto à Manga Party Festival
Date: 2011.10.20
Interview
Artiste: Gabriels Stiletto
Date of Interview: 2011.04.09
Image © 2011 Marie-Ange Blanchet
Pourriez-vous nous expliquer la formation de votre groupe (l'histoire) ?
Kenzo-A : J'ai commencé gadget. comme un projet solo, il y a longtemps. A la base, je faisais les chansons, je les enregistrais, et j'essayais de les vendre. Ensuite, nous voulions faire des lives (ndlr : les musiciens qui l'accompagnaient devaient être de session). C'est comme cela que nous sommes devenus un groupe (ndlr : il a dû officialiser les membres de session pour les concerts). C'est comme cela que gadget. a débuté. Nous avons donc été gadget. pendant un moment, et après la dernière Manga Party il y a deux ans, un guitariste a quitté le groupe. Donc c'est devenu un nouveau groupe, avec un nouveau son. Nous avons alors décidé de travailler différemment, parce que ce n'était plus du tout gadget.. Et maintenant, nos compositions sont imprégnées de sons electros, et de sons industriels. Et c'est le son de Gabriels Stiletto. Et nous en sommes là !
Quelle est la signification de votre nom ?
Kenzo-A : La signification, hein ? Hum... Je voulais faire quelque chose comme euh... blablabla bla bla bla bla (*répète le nom du groupe sans aucun sens*). Non, sérieusement, gadget. commençait par un « g », et nous utilisions un logo avec un « g » et un point (g.). Et nous voulions le garder parce que l'un de nos amis l'a en tatouage, et nous ne voulions pas qu'il l'enlève. Donc nous avions besoin d'un mot qui commençait par « g ». Nous avons tapé sur internet, cherchant des mots en « g »... Nous aimons les anges, ce genre de chose, et nous aimons l'histoire du paradis perdu, vous savez l'histoire de la bataille entre Michael et Lucifer. Et Gabriel est parfois un homme, parfois une femme (ndlr : ange hermaphrodite). Dans les posts, Gabriel est beau, c'est un ange sexy, n'est-ce pas ? Nous voulions quelque chose de sexy * rire *. Et Stiletto (= talon aiguille) c'est... euh... Vous pouvez tuer quelqu'un avec un talon aiguille, ou vous pouvez les porter (bottes à talons aiguilles). C'est un nom assez dangereux, et sexy... quelque chose - de stupide - comme ça ! Il n'y a pas de mythe derrière ça, c'est juste sexy, dangereux... stupide, et rock'n'roll !
Votre première venue en France était pour une tournée en 2008. Comment avez-vous vécu cette expérience ?
Kenzo-A : C'était vraiment bien, je veux dire... La première fois en France et en Europe était la plus fun. Parce que c'était nouveau : tout était nouveau, et nous allions jouer dans de petites salles, mais nous n'avions jamais joué devant le public français et européen, donc nous ne savions pas comment ça allait se passer. Mais c'était génial, nous avions de nombreux fans en France et en Europe. Nous n'avions jamais joué ici, et nous n'y avions jamais sorti de CD, alors nous étions surpris : le public chantait pendant nos chansons, peut etre qu'ils les avaient écouté sur internet, ou ailleurs. Et c'était une expérience marquante. Nous étions vraiment choqués de voir ces gens que nous n'avions jamais rencontré. Ce n'est pas Tôkyô, ce n'est pas le Japon... C'est quelque part, si loin. Nous en sommes devenu accro', et nous continuons de venir.
Que pensez-vous de ces français qui sont si fou de la culture japonaise ?
Kenzo-A : Le sont-ils vraiment ? * rire *
Oui ! Beaucoup de gens aiment la culture et la musique japonaise. Donc est-ce surprenant pour vous ou bien... ?
Kenzo-A : J'ai grandis en écoutant du rock'n'roll de l'ouest, donc je n'aurais jamais pu imaginer que le culture japonaise était si populaire en Europe et dans les pays de l'ouest. Donc c'était une vraie surprise de trouver tant de gens qui aiment cette culture... Ouai, j'aime ça. J'aime vraiment ça. Nous sommes le même être humain. Nous pouvons nous comprendre. Mais si nous n'avons pas de relations culturelles, alors c'est vraiment difficile de se comprendre. Par exemple, si je ne connaissais rien de la culture française, je ne serais pas capable de vous comprendre, n'est-ce pas ? Et vous, vous regardez des manga et des animés, et à travers cela vous pouvez comprendre la culture japonaise, comprendre comment les gens pensent. Et dans cette voie, nous pouvons vraiment communiquer ensemble, à travers notre coeur (*met sa main sur son propre cœur*). Et je pense que maintenant, les japonais d'aujourd'hui comprennent mieux la culture européenne. Nous avons commencé à nous fondre dans la culture européenne il y a longtemps, mais ce fut juste en surface. Nous devrions chercher à nous comprendre plus profondément, et là il y aurait des mélodies (ndlr : métaphore par rapport au cœur).
Marcherry : Je suis heureuse de ce fait !
Nanka : Je me sentais un petit peu étrange. Quand nous sommes allées pour la première fois en Europe, nous marchions dans la rue, et un « manga » est passé près de nous. Il a regardé en arrière, et nous a dit 'dattebayo' (ndlr : célèbre réplique que dit tout le temps Naruto). Donc il a compris que nous venions du Japon ; c'était un fan de Naruto. Donc, peut être que pour lui, c'était la plus célèbre phrase japonaise, donc il s'est retourné et nous a dit 'dattebayo'. C'était une expérience très bizarre. Mais je suis très heureux aussi.
Que pensez-vous du public français ?
Kenzo-A : Je l'aime. Je l'aime parce que les gens sont très enthousiastes quand ils nous regarde en live. Je pense... Quand nous jouons à Tôkyô, il y a plus de gens qui nous connaissent, donc ils dansent. Mais les gens qui ne nous ont jamais vu, même s'ils nous aiment, ils ne dansent pas. Mais le public français, s'ils nous aiment, ils dansent. J'adore ça. Les gens sont honnêtes, droit, et ils savent s'amuser. C'est pourquoi je l'aime.
Si vous deviez choisir un mot pour vous définir, quel serait-il ?
Kenzo-A : Quelle question profonde !
Un mot... Un mot... (*réfléchit un moment*) Fou. Homme fou.
Nanka : Cool.
Marcherry : Passionnée.
Pourriez-vous définir votre style musical ?
Kenzo-A : Et bien... A la base, hard rock. Plus généralement, je pense, rock alternatif ; ce mot est vraiment approprié. Oui... rock alternatif, avec des sonorités electro et l'ensemble légèrement dark. Et c'est comme notre nom, c'est sexy, dangereux, stupide... faire la fête, la fête, la fête, la fête... * rire * Quand vous faites la fête... C' est bien qu'il y ai une certaine torsion, c'est bien d'y mettre un peu de poison, alors on peut se sentir haut. C'est la place de la musique.
Quelles sont vos influences musicales ?
Kenzo-A : Daniel Ash, Jane's addiction, Nine inch Nails, Smashing Pumpkins, Placebo.
En ce qui concerne la création des chansons, comment procédez-vous ? Est-ce qu'il y a quelqu'un en particulier qui écrit les paroles, ou bien... ?
Kenzo-A : En fait, j'écris les paroles d'abord, et je fais une demo. Je l'apporte au groupe, et alors nous travaillons dessus ensemble.
(Question pour Kenzo-A) Il me semble que vous organisez des événements. Quel genre d'événement proposez-vous ?
Kenzo-A : J'organise des soirées (club), comme des soirées techno, chaque mois. Mais de la techno avec un esprit rock... c'est le thème. Nous faisons ça au Decadance bar, à Shinjuku. Une fois, j'ai organisé un event avec des groupes. Sinon, je possède une marque de vêtement, et une fois par an j'organise un événement pour fêter l'anniversaire de la marque, avec des groupes et un défilé de mode, des DJs, etc. L'année dernière, j'ai fais venir Punish Yourself à cette occasion.
Pourriez-vous m'en dire plus à propos de vos créations (vêtements) ?
Kenzo-A : J'étais l'un des designers de la marque Sexy Dynamite London. C'est là que j'ai commencé ma carrière. Ensuite, j'ai travaillé pour une marque qui s'appelait Stigmata, c'est plus du style goth/punk. Sexy Dynamite était plus de style punk/rock, la mode des Sex Pistols. Ensuite, j'y ai été pendant un moment, mais la compagnie voulait s'agrandir, elle voulait fabriquer des affaires moins chères. Affaires moins chères signifie basse qualité, et je ne voulais pas faire de la qualité bas de gamme, parce que je savais que mes clients étaient très sophistiqués, ils savaient à propos des vêtements (que c'était de la bonne qualité). Donc si faisais moins cher et de la basse qualité, ils n'en voudraient pas de ces vêtements. Donc j'ai quitté la compagnie, et j'ai débuté une nouvelle marque : Rituals. Et maintenant ça fait trois ans, et ça marche plutôt bien. Nous essayons de vendre en dehors du Japon, et nous allons surement essayer de créer un magasin de vente en ligne valable pour l'Europe. Ça viendra bientôt...
Si votre groupe était une famille, quel rôle aurait chacun d'entre-vous ?
Kenzo-A : Je serais le grand-père. Nanka serait le jeune étudiant. Et Marcherry serait la fille... Une adolescente délinquante, une très mauvaise fille ! * rire *. Oui, si nous étions une famille, pas de parents : seulement le grand-père, et les enfants !
Quels sont vos hobbies ?
Kenzo-A : Je dessine, je peins mais... Designer est mon métier, donc ce n'est pas vraiment comme un hobby... La musique n'est pas un hobby non plus... Je fais ce que j'aime, donc je n'ai pas grand chose en dehors de ça... Humm... Écouter de la musique est un hobby. Je suis fou de cela. Ah, et surfer sur internet !
Nanka : Quelque fois je fais de l'argentage, ou alors je sors. J'aime sortir, aller pêcher... Oui évidemment, je regarde des films, je lis des livres, je vais au musée. Et j'aime faire des recherches sur les choses qui m'intéressent, ou ce qui me vient à l'esprit. Je fais des recherches pour enrichir mes connaissances.
Kenzo-A : C'est un étudiant ! Il aime les études.
Marcherry : Je suis une 'manga otaku'. J'adore les mangas !
Quels sont vos projets ?
Kenzo-A : Maintenant, nous sommes en train de faire un nouvel album. Nous avons des CDs avec nous aujourd'hui, ce sont deux chansons issues de notre nouvel album. Cet album devrait sortir à la fin de l'année, ou en automne. Et nous essayerons de revenir pour une tournée européenne. Revenez nous voir !
Nous souhaiterions remercier Gabriels Stiletto pour avoir pris le temps de répondre à nos questions, et Laurène Martin-Boissinot pour avoir rendue cette interview possible.


